Tribu Solidaire

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89% des associations sur les réseaux sociaux… aux Etats-Unis !


Un petit préambule… On a souvent tendance à dire que les Etats-Unis sont en avance d’au moins 5 à 10 ans sur le vieux continent en ce qui concerne les tendances. Cette affirmation qui est vrai dans beaucoup de secteurs est-elle vrai aussi pour le secteur que l’on qualifie « Non profit » outre-Atlantique ? Il faut tout d’abord rappeler qu’aux Etats-Unis ce secteur représente une véritable industrie qui a collecté en 2010 presque 212 milliards $ (soit 1,5% du PIB contre 0,15% en France). A cela deux explications : le rôle beaucoup moins important de l’Etat dans le financement de la solidarité aux Etats-Unis, qui implique de fait une place beaucoup plus importante pour le financement privé, et le fait que les américains financent leurs églises (35% des dons) et une partie de l’éducation (14% des dons).

Une fois cette précision faite, le constat est sans appel : aujourd’hui presque la totalité des ONG américaines sont présentes sur les réseaux sociaux commerciaux que sont Facebook, Twitter, MySpace ou encore Flickr, LinkedIn… et les utilisent activement pour lever des fonds.

C’est le principal enseignement du livre blanc (2011) sur l’utilisation des réseaux sociaux par les ONG américaines, publié par NTEN, Common Knowledge et Blackbaud, organismes spécialisés dans la fourniture de solutions numériques pour le social fundraising. Ils montrent en outre que Facebook reste le leader incontesté dans ce domaine (cf. tableau ci-dessous – Interprétation : 89% des ONG sont présentes sur Facebook, contre 57% sur twitter, etc…)

 

Compte tenu de la faiblesse des financements publics, cela fait en effet longtemps que les ONG américaines ont mis en place des campagnes de collecte de fonds et c’est tout naturellement que les réseaux sociaux ont trouvé leur place dans les dispositifs de fundraising. Entre 2005 et 2010, ce qu’on appelle le « social fundraising », c-à-d la collecte de fonds grâce aux réseaux sociaux, a été multipliée par deux pour atteindre un milliard $ (contre 450 millions $ en 2005).

Toutefois, contrairement à ,ce qu’on pourrait penser, le succès n’est pas réservé qu’aux très grosses ONG et les recettes du succès sont simples : (1) une communauté importante, susceptible de donner directement et de faire donner ; (2) des ressources humaines affectées à cette activité (2 personnes ou + chez 30% des ONG qui ont levé plus de 100 000$ contre 2% de l’industrie Non Profit dans son ensemble). Les deux sont bien évidemment liés ! La seconde entraînant la première…

Or, si peu d’entre elles y affectent un budget dédié – plus de la moitié des associations (52%) n’ont pas de budget spécifique – 86% d’entre elles y affectent à minima un quart d’équivalent temps plein (Full Time employee Equivalent – FTE). Il ne faut pas se leurrer : être présent sur les réseaux sociaux est peu onéreux si on a du temps… Qui a dit que le temps était de l’argent déjà ?….

Phénomène émergent : des plateformes spécialisées (par opposition aux réseaux sociaux généralistes) apparaissent – Crowdrise,  FirstGiving, Razoo,…- même si pour le moment, seulement 1% des répondants affirment utiliser ces réseaux dédiés. Leur principal atout : des outils et une communauté dédiés à la solidarité là où Facebook, malgré ses millions de membres, reste généraliste. A suivre car la tendance est croissante.

En France, combien d’ONG sont présentes sur les réseaux sociaux ? 5% ? 10% ? Personnellement, je ne sais pas… Mais ce dont je suis convaincue est qu’il y a un vrai potentiel : comme nous l’avons mentionné dans un précédent billet, plus des 3/4 des personnes interrogées reconnaissent aux réseaux sociaux la capacité à toucher un large public en faisant du « buzz » et à établir une autre forme de relation avec les donateurs.

A bon entendeur…

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