Tribu Solidaire

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Agir 2.0 : le crowdsourcing au service des associations

Envie d’agir, de vous engager dans un projet associatif ? Si il est important de se sentir exister au sein d’un mouvement collectif quand on veut faire bouger les choses, les applications du web 2.0 pour les associations se développent et pourraient bien révolutionner et doper les moyens d’action ! Explications…

Le web 2.0 :

Petit rappel : Le web 2.0 est un terme inventé en 2004 par Dale Dougherty et Tim O’Reilly pour caractériser l’avènement d’une nouvelle ère sur Internet, l’interconnexion permanente, le partage et l’expression et plus seulement une réception passive d’informations.

Grâce à des fonctionnalités simplifiées, chaque internaute peut désormais contribuer à l’échange d’informations et interagir, faisant du world wide web un formidable outil d’intelligence collective où chaque internaute fait partie d’une communauté connectée.

Le web 2.0 c’est donc la possibilité d’ « organiser et de rassembler les intelligences individuelles, disséminées en de multiples lieux, en une intelligence globale pour répondre aux défis d’une complexité mondiale sans cesse grandissante » (Développement durable 2.0, L’internet peut-il sauver la planète ?, Gilles Berhault).

Les premières applications de cette utilisation d’internet ont été la construction d’encyclopédies collectives telles que Wikipédia, faisant appel aux propriétés du « crowdsourcing » à savoir l’utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes, pour réaliser une création commune et accessible à tous.

Le crowdsourcing : invention géniale ou arnaque ?

Tout d’abord, me direz-vous « rien de nouveau sous le soleil » ! La coopération et la collaboration dans le travail, çà n’a pas été inventé par internet, vous avez bien raison !

Ce qui a changé en revanche, c’est le nombre de personnes qui peuvent entrer en collaboration, personnes venues d’horizons et de cultures très différentes, avec autant de vues originales sur un même problème. Les problèmes en eux-même ayant changé, passant du local au global. Enfin, la pérennité des écrits avec des outils simples et à la disposition de chacun pour co-construire réellement et efficacement.

Pratique décriée dans le monde de l’entreprise, certains considérant qu’ « aprés avoir cherché des travailleurs bon marché par delà les mers, les entreprises sont en train de les trouver n’importe où, pourvu qu’ils soient connectés à un réseau » (Jeff Howe) et bête noire des créatifs (voir là), force est de constater que le principe s’adapte plutôt bien au fonctionnement des associations et ONG, qui évoluent dans la sphère du non-profit et dans l’intérêt général !

crowdsourcing

Alors concrètement, comment çà se passe ?

Une des applications les plus connues du crowdsourcing au service des associations est le projet Ushaidi, lancé en 2007 suite aux émeutes électorales au Kenya et qui a depuis conquis le monde au fil des conflits. Des citoyens du monde entier peuvent apporter des témoignages des violences qu’ils ont personnellement observées (ushaidi signifie « témoin » en swahili) par sms, mms ou mail et les placer sur une carte interactive (SIG (Systèmes d’Information Géographiques) collaboratifs) consultable sur internet. Le principe fait donc appel au journalisme social et à l’information géographique, générant une archive temporelle et géospatiale  de l’événement.

ushahidi

Le principe de la carte collaborative a été depuis déclinée sur de nombreux modèles différents tel que le programme citoyen « fixmystreet » où chacun peuvent signaler des problèmes rencontrés dans son quotidien tels que lampadaire défectueux ou nid de poule, … et ainsi en informer les services municipaux.

Les domaines de la santé et de la recherche sont également friands de ce genre de collaboration citoyenne, partant du constat que pour certaines tâches comme déchiffrer de l’ancien grec ou la catégorisation de galaxies, les cerveaux humains ont plus de valeur que des ordinateurs. Ainsi le site « foldit », a permis de trouver la structure tridimensionnelle d’une enzyme liée au sida en quelques semaines grâce à la participation d’internautes, alors que cette énigme occupait des scientifiques depuis une dizaine d’années.

Enfin, à côté de ces initiatives actives, d’autres applications plus passives peuvent également se révéler très utiles, comme la surveillance mise en place par Google sur l’avancée des épidémies de grippe, après avoir « remarqué une corrélation étroite entre le nombre d’internautes qui recherchent des termes liés à la grippe et le nombre de personnes présentant les symptômes de cette maladie ». Le programme permet entre autre à l’ « European Center for Disease Prevention and Control », de mettre en place des alertes épidémiques au moment des pics de « search » observés.

Pour en savoir plus et voir l’ampleur du phénomène, voici une liste certainement non exhaustive de projets tournant autour du crowdsourcing : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_crowdsourcing_projects,

et concernant les projets solidaires, voici les principaux sites existants, que la Tribu Solidaire rejoindra bientôt grâce à vous !!

 

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