Tribu Solidaire

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Entreprises, tout ce que vous avez à gagner à développer de vrais partenariats avec les associations !

Quand on parle de mécénat, on pense souvent à un moyen pour l’association d’obtenir de l’argent et des compétences et pour l’entreprise une image d’entreprise responsable et des salariés plus impliqués… ce qui est déjà beaucoup !

Mais, à y regarder de plus près, les gains les plus importants ne sont pas forcément du côté où on les attend… En effet, qu’elles appréhendent le développement durable comme une menace (réglementation croissante, dégradation de leur image de marque) ou une opportunité (motivation des salariés, source d’innovation, nouveaux marchés, différenciation…), voici 4 raisons pour lesquelles les entreprises ont tout à gagner à développer de vrais partenariats avec les associations.

Les associations ont développé une réelle expertise sociale et environnementale, précieuse pour les entreprises.

La responsabilité sociale et environnementale n’est plus une option aujourd’hui pour les entreprises. Que cela soit – à minima – pour se mettre en conformité avec la réglementation ou pour améliorer leur image de marque. Mais construire une réelle politique sociale et environnementale – au-delà des paroles – nécessite des compétences que les entreprises ont rarement en interne. A l’image du WWF (voir ici) et de la fondation Nicolas Hulot (voir ici), un nombre croissant d’ONG proposent de véritables prestations de conseil aux entreprises avec lesquelles elles nouent des partenariats, les aidant ainsi à construire leur responsabilité sociale. La philosophie, assumée, de ces ONG est qu’il faut changer les choses de l’intérieur plutôt que les critiquer de l’extérieur.

Ces démarches sont bien sûr très formalisées et professionnelles et concernent surtout les grandes entreprises et les grandes associations. Les PME, elles, n’ont souvent d’autre choix que de bricoler… Le partenariat avec une association peut, même indirectement, permettre d’observer des pratiques différentes, même si cela n’est pas l’objectif initial du partenariat. Par exemple, une PME qui souhaite développer des procédés de fabrication non polluants aura peut-être beaucoup à apprendre d’une petite association de protection de l’environnement qui travaille au quotidien – et avec les moyens du bord – sur des questions de préservation de la ressource. L’association disposera de données, de méthodes, de recul sur son expérience… toute une série d’informations qu’elle pourra partager avec l’entreprise qui la parraine pour développer ses programmes.

Les associations, une formidable source d’innovation !

L’innovation ne tient souvent qu’à un regard différent, que cela soit sur les besoins auxquels l’entreprise répond ou sur les procédés de fabrication qu’elle a développés. Les associations peuvent apporter un regard neuf sur l’activité de l’entreprise. Un exemple, celui des congés solidaires. Ce concept, développé par Planète Urgence et repris par d’autres entreprises solidaires comme Solid’Action, notre partenaire, permet à des entreprises d’envoyer leurs salariés réaliser des missions au sein d’associations, souvent à l’international (mécénat de compétence). Les salariés en reviennent souvent enrichis d’un regard différent, issu de l’observation d’une culture mais aussi de méthodes de travail différentes. Cette expérience, riche pour le salarié, est forcément bénéfique pour l’entreprise !

Un exemple en image : celui de l’engagement d’Europ Assistance aux côtés d’entrepreneurs sociaux, grâce à un partenariat avec ASHOKA (organisation internationale qui soutient les porteurs de projets sociaux et environnementaux). Martin VIAL, DG d’Europ Assistance, identifie clairement l’innovation et le changement de culture comme objectifs de ce partenariat pour son entreprise.

Trouver de nouveaux marchés et construire des offres globales

C’est bien connu : le business se fait la plupart du temps en dehors de l’entreprise ! Alors pourquoi pas au sein de l’association… en rencontrant les réseaux de ces associations. Avantage complémentaire : on est sûr de posséder des valeurs fortes en commun. Exit les clubs de chef d’entreprise, bonjour les AG d’associations.

Mais j’irais même au-delà : certaines entreprises ont très bien compris que travailler avec des associations peut être un moyen d’identifier des besoins peu ou mal satisfaits, voire même de co-construire une réponse adaptée ensemble. Un nombre croissant d’entreprises s’intéressent aux milliards d’humains qui sont aujourd’hui exclus de la société de consommation, faute de moyens financiers : les « Bottom of Pyramide (BoP) ». Celle qui réussiront à proposer une offre adaptée à leurs besoins et moyens verront s’ouvrir des marchés qui peuvent s’avérer colossaux !

C’est le cas de Danone qui a créé un incubateur de projets d’innovation sociale dans le domaine de l’accès à la santé et à l’alimentation : Danone Communities. Objectif : sélectionner, financer et promouvoir des projets autour de la malnutrition dans les pays en voie de développement. Avec l’idée que ces projets déboucheront peut-être sur de nouveaux produits, adaptés aux besoins des pays dans lesquels ils sont nés. Une particularité cependant : ces projets doivent développer un modèle économique – au moins en partie – indépendant des financements publics.

Olivier Maurel, Community Architect / Danone Communities from frenchweb on Vimeo.

Au final, les frontières entre activité lucrative et activité sociale sont de moins en moins étanches. Un nombre croissant d’associations développent des modèles économiques hybrides – mêlant financements privés et financements publics – compte tenu de la baisse des subventions. Les entreprises, elles, se soucient de plus en plus de leur impact environnemental et social. Pour cela, elles ont besoin des associations qui possèdent des compétences de haut niveau dans ces domaines.

Les associations ont certes besoin d’argent mais c’est le prix d’une expertise qui aujourd’hui vaut de l’or ! Pensez-y….

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