Tribu Solidaire

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La baisse des subventions publiques

Et si la baisse des subventions publiques n’était pas une si mauvaise nouvelle ?!

La crise est là aussi pour les associations ! Et elle prend la forme d’une baisse drastique des subventions… Selon la Confédération Permanente des Coordinations Associatives (CPCA), 69% des associations déclarent avoir vu diminuer leurs financements publics ces deux dernières années (source). Véritable catastrophe pour une bonne partie des petites et moyennes associations qui, pour certaines, dépendent quasi-exclusivement des financements publics n’est-ce pas une bonne nouvelle pour  le mouvement associatif dans son ensemble ? Je le reconnais : ma question est un brin provocatrice dans un contexte, dans le domaine social par exemple, où les publics les plus touchés par la crise sont aussi ceux qui ont le plus besoin des associations… Mais, à y regarder de plus près, il y a peut-être un peu d’espoir dans cet océan de mauvaises nouvelles. Et nous, à la Tribu, on a décidé de s’y accrocher !

 

2007-5_Tchernonog-2 [PDF]

Revenons un peu en arrière… 1er juillet 1901, Waldeck-Rousseau fait promulguer LA loi qui reconnaît et définit la liberté d’association, en dehors et au-delà de l’action publique. Dorénavant, les personnes sont libres de se regrouper pour mener à bien des actions collectives. Cette loi est fondatrice est donnera naissance à plus d’un million d’associations en France dans lesquelles sont impliqués bénévolement 16 millions de personnes. OK, l’Etat n’est jamais bien loin, subventionnant une grande partie des associations. Mais c’est au nom de l’intérêt général donc légitime…

Mais à y regarder de plus près, l’indépendance et la liberté sont souvent toutes relatives et il en va de même pour l’intérêt général…  Deux constats viennent illustrer mes propos. Le premier est celui de la montée en puissance du financement par projet au détriment de l’aide au fonctionnement (« Action publique : état d’alerte pour les associations ». Alternatives Economiques n° 318 – novembre 2012 et « Le financement des associations : entre contraintes budgétaires et projets associatifs propositions » CPCA et France Active). Ces financements sont par définition non pérennes. Ils conditionnent, par ailleurs et de fait, l’obtention des financements à l’accord entre le projet porté par l’association et les grandes lignes de la politique publique. Quid de l’indépendance d’action dans ce contexte ? Le deuxième est que la distribution des subventions, relève parfois plus souvent des intérêts particuliers que de l’intérêt général. Pour Viviane Tchernonog, si 80 % des associations ne reçoivent aucune subvention, «seulement 7 % des associations reçoivent 70 % des subventions publiques» (source : « Très chères associations » Le Figaro 29-06-2012). Et je ne parle même pas du flou qui entoure la distribution des subventions, le fameux « jaune budgétaire », infâme pavé illisible où sont censées être répertoriées toutes les subventions…

Au final, plus d’argent, plus beaucoup d’indépendance et encore mois d’intérêt général…  Et pourtant, en toute crise existe le germe du renouveau. Et nous pensons à la Tribu que l’Internet social fera partie de la solution ! Wikipedia a été le précurseur d’un mouvement qui est destiné à s’amplifier,  celui de l’utilisation des technologies du web 2.0 pour exploiter l’énorme potentiel de la foule pour produire des nouvelles connaissances, produits, services, etc… de manière collaborative. C’est ce que l’on appelle le crowdsourcing.

Le secteur privé a aujourd’hui largement compris l’opportunité que le crowdsourcing représente et l’a souvent repris à son compte pour concevoir, développer ou encore financer (on parle alors de « crowdfunding » ou financement participatif) ses produits et services. Le constat est beaucoup moins positif pour le monde associatif.

Et pourtant, l’opportunité est là, tant du côté des associations qui s’ouvrent  petit à petit aux réseaux sociaux pour gagner en visibilité, collecter de dons et informer, que du côté des internautes qui sont plus de 70% en France à reconnaître aux réseaux sociaux une vraie valeur ajoutée pour  le secteur associatif (Source : « Internet : quelles opportunités pour les associations et les fondations ? » France Générosité et du Crédit Coopératif). L’interactivité en ligne, les technologies mobiles, la géolocalisation, la richesse des contenus échangés (vidéo, photo, texte…) permettent le développement d’un réel échange entre l’association et le public, au-delà du moment du don. Bref… l’association-réseau, capable d’exploiter au mieux le potentiel de la foule !

L’enjeu immédiat est de renouveler le financement – forcément participatif – des associations. Notre objectif : construire le premier réseau social dédié à la solidarité pour leur permettre de le faire.  Mais l’enjeu à terme, et c’est là que se situe selon nous la vraie innovation de ce projet, est de concevoir ensembles et de manière solidaire les solutions aux problèmes liés à l’alimentation, la santé ou encore au logement, à la protection de l’enfance, etc…

Et c’est cette perspective  qui nous anime.

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One Response

  1. lilou says

    Une des alternatives possible à la baisse des subventions est de mettre en relation les entreprises et les associations, l’article suivant propose de nombreuses solutions pour agir! Le mécénat, la coopération économique, l’innovation sociétale !

    http://www.youphil.com/fr/article/06059-relations-associations-entreprises-coconstruction-rameau?ypcli=ano