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Le bénévolat aux 3 âges de la vie

Selon une enquête récente de France Bénévolat et de Recherche & Solidarité, 22% des français se déclarent bénévoles au sein d’une association. Extrapolé à la population française, on obtient entre 11 et 12 millions de personnes.

En recoupant ces résultats avec une étude publiée en 2011 par l’institut BVA et la DRESS (voir là), il apparaît qu’environ un jeune sur cinq (18-24 ans, 21%), un actif sur trois (25-55 ans, en moyenne 35%) et plus d’un senior sur trois (55-74 ans, un peu moins de 40%) déclarent s’investir auprès d’une association.

chiffres bénévolat

Plusieurs enquêtes récentes se sont penchées sur les motivations et les caractéristiques de ces 3 catégories de bénévoles.

Les seniors (plus de 55 ans), s’investir près de chez soi et dans une mission en lien avec ses compétences.

Ils représentent la majorité des bénévoles pour une raison simple : étant pour la plupart à la retraite, ils disposent de temps pour s’investir. Il reste néanmoins une marge de progression colossale (les 2/3 restants) et ces bénévoles potentiels sont la plupart du temps des personnes aux compétences souvent solides et variées. Disposant de temps, ils ont la capacité de s’investir réellement dans une association (plusieurs heures par semaine). Une récente enquête menée par le CERPHI a sondé les attentes des séniors bénévoles.  Il en ressort que le principal frein à l’engagement (58% des personnes interrogées) est qu’ils n’arrivent pas à trouver des associations près de chez eux. Ce qui devrait inciter les associations qui cherchent des bénévoles à communiquer auprès de leur environnement proche (quartier, village, ville mais aussi adhérents, bénévoles actuels…). Arrive en seconde position la question des compétences (43% des personnes interrogées). Les seniors veulent être réellement utiles et cibler les missions qui correspondent à leurs compétences. Il est donc important de bien réfléchir aux besoins de l’association, voire de les traduire en réelles fiches de poste. Donc de professionnaliser les bénévoles. Cette question, largement abordée dans les grandes et moyennes associations, reste encore peu abordée dans les petites associations, celles qui ont le plus besoin de bénévoles !

En résumé, si vous voulez trouver des bénévoles seniors prêts à s’impliquer quotidiennement dans votre association, il semblerait que c’est près de chez vous que cela se passe et sur des postes dont les compétences ont été cernées en amont.

Les jeunes (18-25 ans), mobiles et plus pragmatiques.

Un jeune sur cinq aujourd’hui est bénévole pour une association. Ce chiffre, bien qu’inférieur aux autres tranches d’âge, est loin d’être négligeable. Toutefois, les jeunes apparaissent plus pragmatiques dans leur engagement. Ils déclarent souvent vouloir valoriser leur expérience associative dans la construction de leur projet professionnel. Cette tendance a d’ailleurs été entérinée par le dispositif du service civique qui prévoit que le bénévolat des jeunes soit valorisé dans les formations post-baccalauréat. France bénévolat propose un « Passeport Bénévole » depuis 2007. Cet outil permet de répertorier les missions bénévoles exercées, d’identifier et de valoriser les compétences acquises. Pour pouvoir ensuite mobiliser ses expériences à des fins professionnelles : enrichissement du CV, bilan de compétences, réorientation professionnelle et recherche d’emploi, accès à une formation ou validation des acquis de l’expérience (VAE).

Mobiliser les jeunes passe en outre aujourd’hui quasiment obligatoirement par l’intégration des réseaux sociaux et des technologies mobiles dans la stratégie de télécommunication. C’est aujourd’hui sur Facebook et Twitter que les grandes ONG échangent avec cette communauté et la mobilisent. La page Facebook de l’association Jeune et Bénévole regroupe pour sa part plus de 1000 fans.

Enfin, dernière tendance, celle des contreparties. Places de concert, tickets-restaurant, hébergement en colocation…. Les associations et les municipalités rivalisent d’inventivité pour attirer les jeunes bénévoles. Selon la sociologue Valérie Becquet, qui a consacré sa thèse à l’étude des pratiques bénévoles des étudiants au sein des universités françaises,  «près de deux tiers des 15-30 ans ont une démarche plus utilitariste qui consiste à s’engager d’abord pour soi». (Source). Revenus de l’engagement militant de leurs aînés, ils semblent plus pragmatiques.

En résumé, c’est sur les réseaux sociaux que vous trouverez les jeunes et avec des missions qui s’inscrivent dans leurs projets, à court, moyen ou long terme.

Les actifs, en quête de sens et d’utilité sociale.

On pourrait penser que les actifs s’impliquent moins dans le bénévolat. Entre carrière professionnelle et enfants, difficile de dégager du temps au quotidien pour s’engager sur des missions bénévoles. Et pourtant, un actif sur trois déclare donner du temps à une association. Presque autant que les seniors. Ils sont d’ailleurs presque 75% à déclarer trouver un bon équilibre entre leur activité professionnelle et leur activité bénévole dans une enquête réalisée par France Bénévolat en 2012.

C’est la recherche de sens qui arrive d’ailleurs en tête des motivations des actifs (57% des personnes interrogées), juste devant l’importance d’apporter des compétences (51%). Les compétences, la professionnalisation du bénévolat reste donc, là encore, au cœur de l’engagement. En retour, pour les 2/3 des personnes interrogées, le bénévolat a une influence positive sur la vie professionnelle : compétences, innovations, mieux-être au travail…

En témoigne la tendance croissante du mécénat de compétence (aujourd’hui 11% des entreprises mécènes font du mécénat de compétence), lorsque les entreprises délèguent pour un temps donnés, un ou plusieurs salariés dans une mission bénévole.

En résumé, si les actifs arrivent à mener de front bénévolat et vie active, c’est aussi parce que ces deux mondes sont – au moins dans leur esprit – très liés, autour de leurs compétences. Et chacun : employeur et association, a à y gagner. C’est peut-être au sein même des entreprises mécènes que les associations pourront trouver des bénévoles.

 

Pour plus d’informations, voir l’enquête complète de Recherche et Solidarités.

 

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