Tribu Solidaire

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Le web 2.0, une solution pour booster le don en ligne ?

Un constat de départ : les dons en ligne restent encore largement minoritaires : environ 3% des 3,3 milliards d’euro de dons fais par les français (1). Dans un contexte où les usages d’Internet se généralisent dans tous les domaines, on peut se demander pourquoi la solidarité privée reste à l’abri de cette tendance de fond.  Je vois personnellement deux explications qui trouvent leur origine dans deux déterminants fondamentaux du don : la confiance et le lien.

La confiance tout d’abord… Une enquête menée par l’association Recherches et Solidarités (2) auprès d’un panel de donateurs souligne deux attentes majeures : être informé du déroulement de l’action financée – souhaité par plus de 60% des personnes interrogées – et avoir l’assurance que l’argent donné ira bien aux projets soutenus – réclamé par 40% des sondés. En deux mots, la confiance dans l’utilisation des dons n’est pas au rendez-vous et les donateurs demandent des gages. Des scandales comme l’affaire de l’Arc ou, plus récemment, la polémique autour de l’utilisation des fonds collectés pour le séisme d’Haïti ont, en effet, largement entamé leur confiance. Et Internet n’y change rien. S’il permet de donner plus facilement, il ne créé pas, loin s’en faut, la confiance réclamée par les donateurs. Au contraire, quoi de plus anonyme qu’un site Internet ?! Par contre, le web 2.0 (plus large que le terme de « réseaux sociaux » qui font trop référence aux Facebook, LinkedIn, MySpace et autres twitter… qui ne sont qu’une des interactions permise par la technologie collaborative du web 2.0) de par les interactions qu’il permet ouvre des perspectives intéressantes pour répondre à cette problématique. En effet, c’est des interactions répétées et réussies que nait la confiance. Dans ce cadre, créer une communauté et échanger avec elle sur les actions en cours, les résultats obtenus, les campagnes à mener… s’entend parfaitement comme un préalable aux dons. Cela créé un capital de confiance qui pourra être valorisé ensuite au moment où l’association sollicitera des dons, y compris auprès de cette communauté, voire des réseaux de cette communauté.

Le lien ensuite… La crainte qu’Internet « dénature » l’acte du don est partagée par plus de la moitié des personnes interrogées (54%) dans le cadre de l’étude France Générosité / Crédit coopératif citée plus haut. En effet, le don ne se résume pas à un « clic de souris ». Il est pluridimensionnel et fondamentalement humain. Comment restaurer ce lien sur la toile ? Là encore, le web 2 .0 apporte un début de solution. Photos, vidéos, blog, mais aussi « mur », commentaires, tchats, webinaires… autant de solutions pour créer du lien par la parole et l’échange. Et d’ailleurs, les personnes interrogées ne s’y trompent pas car elles montrent à 79% un intérêt marqué pour les réseaux sociaux, susceptibles de créer « une autre relation » entre l’association et ses donateurs.

En résumé, confiance et lien nous paraissent deux « inputs » fondamentaux du don…. Encore plus en ligne où ils ne vont pas de soi. Ils peuvent être toutefois deux « outputs » du web 2.0… il n’y a donc plus qu’à !

Notes :

(1) « Internet : quelles opportunités pour les associations et les fondations ? » étude commandée par le crédit coopératif et France Générosité.

(2) Le comportement des donateursBazin, Malet. Recherches et Solidarités – Cahier n°2 – Juillet 2008.

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