Tribu Solidaire

Le blog des solutions pour un monde solidaire

Etat des lieux de l’usage des réseaux sociaux par les associations

Selon les spécialistes des réseaux sociaux, ces lieux où les internautes prennent la parole sont à l’origine du web 2.0 et pourraient bien faire évoluer Internet vers sa troisième génération, toujours plus connectée et mobile cette fois. Déjà on constate que les réseaux sociaux ont dépassés le traditionnel mail dans le monde entier pour les échanges.

Mais les associations savent-elles tirer profit de cette formidable dynamique ?

L’usage des réseaux sociaux par les associations est déjà une réalité aux Etats-Unis

Une étude de NTEN (NonProfit Technology Network), Common Knowledge et Blackbaud,
« 2011 Nonprofit Social Networking Benchmark Report », portant sur 11 196 associations américaines montre que celles-ci sont réellement partie à l’assaut des médias sociaux !

Il en ressort que les associations qui animent leur propre réseau sont en chute libre : 30 % en 2009, 22 % en 2010, elles ne sont plus que 13 % en 2011. L’abandon des réseaux privés au profit de l’incontournable page Facebook s’explique aisément : manque de temps et de moyens, difficultés de mise en place et d’animation, nécessité d’une taille critique de sa communauté conséquente pour pouvoir faire vivre un tel système, … Autant de freins pour les petites et moyennes structures.

La tendance est donc à utiliser les médias sociaux déjà existants pour 90 % des structures sondées.

Facebook est plébiscité à 89 % ce qui représente un total de 71 millions de fans (sur 150 millions d’abonnés aux Etats Unis), avec une communauté virtuelle moyenne tournant autour des 6 400 fans.

Twitter est utilisé par 57 % des associations, tandis que seulement 30 % possèdent leur propre compte Linkedin. Enfin, 47 % d’entre elles utilisent Youtube pour diffuser des vidéos.

Et en France ?

Une enquête  IFOP-Agence Limite  (2010), menée auprès d’un panel représentatif de 103 associations, parmi les 64 % qui utilisent les réseaux sociaux , montre qu’en France seules 1/3 d’entre elles utilisent ces médias de manière efficace (présence , richesse des échanges, collecte).

La plupart des associations reconnaissent que les médias sociaux représentent  un outil novateur pour dialoguer avec leur public, donner un coup de jeune à leur image, mobiliser et recruter de nouveaux sympathisants, et surtout collecter des dons en ligne.

Et pour recruter de nouveaux membres et collecter plus de dons, les associations peuvent faire preuve de beaucoup d’originalité, comme c’est le cas par exemple de l’ONG CCFD-Terre Solidaire  qui a choisi une manière ludique et originale de promouvoir le micro-dons sur Facebook en s’inspirant des codes du Social Gaming : SolidaireVille propose aux internautes de faire des dons réels en achetant des cadeaux virtuels tels que tracteurs ou sacs de semences.

Pourtant, la moyenne des dons collectés par les associations françaises présentes sur Facebook est bien inférieur à leurs homologues américaines, et selon l’IFOP, c’est tout le milieu associatif français qui sous-investit Internet.

Un levier à exploiter

Est-ce à dire que les associations exploitent mal le potentiel des réseaux sociaux ? Car même au-delà de ces objectifs majeurs, force est de constater qu’elles ne maîtrisent pas toujours tous les aspects du web social.

Par manque de temps et de moyens comme nous l’avons dit précédemment ou à cause de fonctionnalités non adaptés des médias utilisés, les actions des organismes sur le web 2.0 sont parfois inutiles, voire dangereuses. Le cas de Bobbi Duncan, jeune étudiante texane de 22 ans, est emblématique du caractère non-adapté des réseaux sociaux traditionnels au monde associatif : en rejoignant la page d’une association de gays et lesbiennes de son université sur Facebook, elle a vu cette information relayée sur le fil d’actualité de ses amis et de sa famille, malgré les paramètres de confidentialité qu’elle avait respecté.

Et apparaître sur les médias sociaux, à l’heure du buzz médiatique, quand on ne maîtrise pas ses codes peut également s’avérer dangereux pour l’association elle-même et notamment sa e-réputation.

Pourtant, grâce aux applications mobiles, certaines d’entre elles peuvent apporter une vraie valeur ajoutée, au-delà de la collecte de dons. Par exemple, Twitter peut se révéler un outil précieux en cas de crises humanitaires ou révolutions politiques, et chaque citoyen peut apporter des informations en temps réel sur tel ou tel problème ou question, comme nous l’avons évoquer dans un récent article concernant le crowdsourcing.

Mais pour la Tribu solidaire, un réseau social c’est avant tout un moyen de créer un lien durable entre des individus ou groupe d’individus et une organisation, au-delà du moment du don.

Imaginez que vous ayez participé à la construction d’une école à Madagascar. L’association porteuse du projet vous remercie pour votre participation et vous tient au courant de l’avancée du programme et même de la vie de la mission. Maintenant que la construction est achevée, vous recevez une photo des enfants, car aujourd’hui c’est la première rentrée des classes, et vous continuez à rester en lien avec les protagonistes du projet … ça change tout non ?

Tags:

About

View all posts by