Tribu Solidaire

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Quelles perspectives pour le social fundraising en France ?

J’avais évoqué dans mon précédent billet l’engouement des ONG américaines pour les réseaux sociaux. En France, les initiatives existent mais elles sont encore isolées et le fait de grandes ONG, comme par exemple Action contre la faim qui totalise à ce jour 98 117 fan sur sa page Facebook… J’avais souligné les différences culturelles entre la France où le financement public reste traditionnellement LE premier moyen de financer l’action associative et les USA qui ont une longue tradition d’appel à la solidarité privée. Néanmoins, compte tenu de l’évolution de l’environnement économique (de plus en plus de besoins) et politique (de moins en moins de subventions), les associations françaises se tournent de plus en plus vers les financements privés, mécénat et philanthropie. Dans ce contexte, les médias sociaux peuvent trouver toute leur place dans la mise en place de stratégies de collectes de fonds. 


Il était donc temps de mesurer la maturité du secteur associatif français pour ce nouveau mode de communication. C’est chose faite grâce à une étude* que nous avons réalisé en partenariat avec 2803 Media, cabinet de conseil en stratégie web.

En voilà les principaux enseignements…

 Premier constat : les associations interrogées reconnaissent ne pas avoir de réelle stratégie digitale intégrant site institutionnel, mailing et réseaux sociaux dans une démarche de communication et de levée de fonds. La présence sur les réseaux sociaux est souvent organisée en fonction des opportunités ou de l’intérêt personnel de tel ou tel au sein de l’association. Et pourtant, la plupart des interlocuteurs reconnaissent que les réseaux sociaux seront rapidement incontournables dans la communication associative. 2012 sera pour nombre d’entre elles, à ce titre, une année charnière dans la mise en place d’une démarche construite intégrant les médias sociaux.

Le second enseignement concerne les freins à l’utilisation des médias sociaux. Sans surprise, qui dit absence de stratégie, dit absence de ressources. Peu ou pas de budget dédié. Peu ou pas de ressources humaines dédiées (pour mémoire, une des clés de la réussite des associations américaines sur les réseaux sociaux est d’y avoir affecté des ressources humaines conséquentes). L’absence de culture web, qui était encore un problème quelques années en arrière, tend par contre à disparaître. Mais être sensibilisé ne veut pas pour autant dire être capable de mettre en oeuvre une politique de communication interactive construite et efficace…

Au total, il semble que la généralisation de l’usage des réseaux sociaux ne se fera qu’au prix d’une professionnalisation du fundraising dans la mesure où les leviers sont les mêmes : définition d’une stratégie et allocation d’un budget et d’équipes dédiées. Et c’est l’enseignement que je retiens de cette enquête : l’outil n’est rien sans la démarche dans laquelle il s’inscrit.

*Etude qui repose sur des entretiens réalisés en septembre et octobre 2011 avec une dizaine de responsables fundraising au sein de grosses et moyennes associations.  


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One Response

  1. Tribu Solidaire - Le réseau de celles et ceux qui s'engagent aux côtés des associations says

    […] réseaux sociaux, cela peut aussi fonctionner pour le mécénat » et « Quelles perspectives pour le social fundraising en France ?« ). Aux Etats-Unis, les réseaux sociaux ont permis de lever plus d’un milliard de […]