Accéder aux informations : l’enjeu crucial de l’Open Data. Etat des lieux pour le secteur associatif.

janvier 13, 2013 dans On en parle par La Tribu

Vous avez dit « Open Data » ?…

Et si vous pouviez connaître la liste exacte des associations qui perçoivent des subventions de votre commune, montant inclus, ou le nom et les coordonnées des associations reconnues d’utilité publique près de chez vous ? Ces informations existent mais sont encore souvent confidentielles, gardées par nos administrations ! C’est l’enjeu de l’Open Data (« donnée ouverte » en français) : ouvrir ces données et les mettre à disposition du plus grand nombre pour qu’elles soient exploitées pour, au choix, produire de la connaissance, améliorer notre quotidien, approfondir les politiques publiques…

 

Cette petite vidéo – publiée par LiberTIC association qui promeut le développement de l’Open data – montre bien le principe et les enjeux de l’Open Data : partager et réexploiter.

Si le principe d’Open Data est né dans les années 60 aux Etats-Unis, il s’est logiquement développé avec l’Internet en encore plus ces dernières années avec le développement d’outils permettant de partager et réutiliser ces données. Et surtout de développer des applications pour les valoriser.

 

Ouvrir les données à la société civile implique qu’elle s’en empare… Quelle place pour les associations dans cette dynamique ?

Alors que le site data.gouv.fr  vient à peine de fêter son premier anniversaire (5 décembre 2011 – 5 décembre 2012), et qu’un nombre croissant de villes ouvrent leurs données au public (Montpellier, Nantes, Rennes, Toulouse, Le Man…) le débat sur les avantages attendus et les enjeux de l’Open Data est encore vif ! Un rapport bien fourni (que nous vous laissons regarder là) en fait d’ailleurs largement le tour. Voir aussi cet article intéressant (Pourquoi l’open data peine encore à convaincre les citoyens ?) qui met en avant les raisons pour lesquelles l’Open Data reste encore confidentiel.

Quid de la place des associations dans cette dynamique ? Excepté les associations dont c’est la mission (à l’image de LiberTIC), et sans faire de généralités, il semble qu’elles ne se sont pas plus emparées de cette opportunité que la moyenne des citoyens. C’est-à-dire pas beaucoup…. Or, au regard de leurs missions : protection des droits, éducation, sensibilisation, etc… l’Open Data représente une mine d’or ! Et la possibilité de réexploiter ces données via des applications ouvre des perspectives passionnantes. Exemple : intégrant un certain nombre d’informations – hauteur des trottoirs, emplacement des arbres, caractéristiques des bus (accessibles aux handicapés ou pas), magasins accessibles aux handicapés…. Il est possible de développer des applications pour permettre aux personnes handicapées de se déplacer plus facilement dans la ville. C’est le cas d’Handimap – site Internet développé pour recenser tous les éléments de nature à impacter la capacité de déplacement des handicapés – qui est déjà accessible pour les villes de Rennes et Montpellier.

Mais le débat se situe aussi au niveau des données collectées par les associations. Pourquoi ne pas envisager que les associations ouvrent aussi leurs données au public ?! Cela serait un formidable moyen de pression, diffusant ainsi des informations de terrain qui pourraient être confrontées à celles qui sont collectées et diffusées par les administrations publiques. Il y a un vrai enjeu politique. A ma connaissance, encore aucune initiative dans ce domaine ! (mais je suis preneuse d’information).

En résumé, l’Open Data est un continent à conquérir pour les associations, tant du point de vue de l’exploitation des données que de leur production, et qui offre des perspectives exceptionnelles. A la Tribu Solidaire, on y réfléchi déjà… Avoir de l’information sur les projets soutenus arrive en tête dans les revendications des personnes qui font des dons aux associations… Les associations présentes sur la plateforme s’engageront à tenir leurs soutiens informés des résultats de leurs actions. L’ouverture des données peut être une façon de le faire !

Pour aller plus loin :